Le site archéologique de Saint-Antoine montre comment des amphores romaines étaient réutilisées à Genève.
Des traces du commerce de l’Empire romain ont été retrouvées sous la place Saint-Antoine. À l’époque, les amphores servaient à transporter du vin, de l’huile ou des sauces. Mais une fois leur chemin terminé, leur mission ne s’arrêtait pas là. Elles étaient très appréciées dans l’aménagement urbain. Sur le site archéologique de Saint-Antoine, les restes d’amphores retrouvées laissent penser qu’elles étaient utilisées, comme une sorte de gros tuyaux, pour permettre l’évacuation de l’eau en étant intégrées au sol des habitations. Les amphores pouvaient aussi être ajoutées à la structure de certains bâtiments, elles occupaient ainsi un grand volume sans alourdir la construction puisqu’elles étaient creuses. En les coupant en deux, dans le sens de la longueur, il était possible d’obtenir des tuiles qui, mises bout à bout, permettaient de créer des canalisations. Dans un autre registre, elles pouvaient aussi servir de cercueil pour des enfants en bas âge.
De l’Antiquité au Moyen Âge
Ces exemples d’économie circulaire montrent bien que la réutilisation des ressources est une logique intemporelle. Des fortifications datant de la fin du Moyen Âge ont également été retrouvées sous la place Saint-Antoine et elles aussi sont le fruit d’un recyclage de matière première. Des faux-bourgs avaient dû être démolis et leurs pierres ont permis la réalisation de ces murailles.
Parfois, le recyclage était moins savant. Derrière ces fortifications se trouvent les traces d’une église funéraire médiévale. Plus précisément l’arrière de celle-ci, une zone réservée aux habitants plus défavorisés. On y trouve un cercueil utilisant une stèle romaine qui avait servi à remercier un dieu suite à la réalisation d’un vœu.
Pour découvrir en détail l’ingéniosité de nos ancêtres genevois, rendez-vous au site archéologique de Saint-Antoine. En plus, l’entrée est à prix libre !
