Aux CFF, rien ne se perd: sièges de train, traverses de voie ou matériaux industriels trouvent une seconde vie grâce à des projets de réemploi et de recyclage.
On ne pense pas aux CFF comme à un acteur de l’économie circulaire. On pense à des horaires, à des retards, à des abonnements. Et pourtant, derrière la façade d’une régie fédérale, une transformation silencieuse est à l’œuvre dans les ateliers, sur les chantiers, et jusque dans la manière de concevoir les bâtiments.
Quand les sièges de train deviennent des objets du quotidien
Quand un InterCity est retiré du service ou rénové, ses sièges, revêtements et matériaux ne partent plus à la benne. Les CFF les récupèrent, les découpent, les transforment. C’est l’objet de la ligne CFF ReMake : des trousses et des sacs à commissions cousus dans les tissus des sièges IC2000, des carnets fabriqués à partir de papier recyclé des bureaux, des étiquettes à bagages taillées dans des chutes textiles. Chaque objet est en édition limitée et unique par définition, puisque les matériaux de départ varient d’une série à l’autre. Le prix de ces objets suit la même logique que le prix des abonnements CFF, c’est cher. Ce qui rend la démarche intéressante, c’est moins le produit fini que ce qu’il révèle: les CFF manipulent quelque 77 millions de tonnes de matériel, ce qui implique une quantité de déchets considérable si aucune logique d’économie circulaire n’est mise en place.
La construction, terrain principal de la circularité ferroviaire
Les CFF et leur fournisseur Vigier Rail ont optimisé la recette du béton pour que de vieilles traverses, réduites en granulat, remplacent le gravier dans la fabrication de nouvelles traverses. Cela permet d’économiser environ 8 000 tonnes de gravier par an.
Les CFF font également figure de pionniers dans le domaine du recyclage de l’asphalte. Le ballast, ces pierres qui stabilisent les voies, est une ressource naturelle qui se raréfie, et pour laquelle des solutions de réutilisation sont activement développées.
Mais c’est peut-être sur le site de la Neugasse à Zurich que la vision est la plus radicale. D’anciens dépôts de locomotives désormais obsolètes sont déconstruits pièce par pièce: leurs éléments sont minutieusement recensés, remis à neuf, puis réutilisés sur place pour construire un quartier urbain polyvalent
Pour rendre cette approche systématique, les CFF se sont associés à Madaster, une bibliothèque en ligne suisse qui inventorie les matériaux utilisés dans les bâtiments sur l’ensemble de leur cycle de vie, permettant de planifier leur réutilisation future plutôt que leur élimination. Un outil numérique au service d’une ambition concrète: que chaque matériau posé aujourd’hui soit connu, tracé et récupérable demain.
Sources : Reloved /CFF Remake / Circular Hub / CFF
