La plateforme de seconde main mise en place par les Services industriels genevois permet aux professionnels de récupérer gratuitement du matériel.
Sur une plateforme de seconde main, on s’attend à trouver des chaises, une table basse, peut-être un vélo. On s’attend moins à tomber sur une armoire anti-feu, un transpalette électrique ou un containeur de tri d’une capacité de 120 litres. Et pourtant, ce sont des objets tout à fait ordinaires sur Re-sources, la plateforme de dons entre professionnels lancée par les SIG.
Re-sources fonctionne sur le modèle des plateformes de petites annonces en ligne, à deux différences près. Tout y est gratuit, et seuls les professionnels y ont accès. L’éventail de participants autorisés reste large: entreprises de toutes tailles, associations locales, clubs sportifs, structures sociales et culturelles. Pour publier une annonce, le donateur renseigne une description de l’objet, une photo et son poids estimé. Le repreneur potentiel prend ensuite contact directement, sans passer par un intermédiaire. Il est également possible de créer des alertes personnalisées pour être notifié dès qu’un objet recherché est mis en ligne. Les objets les plus échangés sont du matériel de bureau, du mobilier, des matériaux ou encore des outils et du matériel informatique.
Un projet ancré dans les objectifs cantonaux
Re-sources a été conçue dans le cadre du programme éco21 des SIG, qui accompagne depuis 2007 les entreprises, collectivités et particuliers genevois dans la réduction de leur consommation d’énergie et de leurs déchets. La plateforme s’inscrit directement dans les objectifs cantonaux, la dernière politique de gestion des déchets visait une réduction de 20% du volume de déchets incinérés entre 2020 et 2025.
Après une phase de test lancée au printemps 2022, les résultats ont convaincu. En quelques mois, près de 150 tonnes d’objets avaient déjà été échangées sur la plateforme. Fort de ce bilan, SIG a annoncé début 2023 la pérennisation définitive de Re-sources.
Des bénéfices concrets
Pour une entreprise qui cherche à se débarrasser de matériel encombrant, la plateforme présente un intérêt économique direct. En Suisse, l’élimination des déchets est taxée. À cela s’ajoutent le service rendu à d’autres organisations locales et la contribution à un tissu économique plus solidaire. Deux éléments de plus en plus valorisés dans les démarches de responsabilité d’entreprise.
Au-delà des considérations économiques, Re-sources répond à un principe fondamental de l’économie circulaire : avant de recycler, réutiliser. Un objet qui change de mains évite non seulement les émissions liées à son recyclage ou à son incinération, mais aussi celles qu’aurait générées la fabrication d’un produit neuf pour remplacer ce qui existait déjà.
Un maillon de l’écosystème genevois du réemploi
Re-sources ne s’adresse pas au grand public, et c’est assumé. La plateforme vise le segment professionnel, souvent sous-équipé en solutions de réemploi comparé aux particuliers, alors que les volumes en jeu dans les entreprises sont souvent plus importants.
Elle complète ainsi d’autres initiatives genevoises déjà en place comme la MACO (Manufacture Collaborative des Charmilles), qui réunit dans un espace mutualisé des acteurs du réemploi comme Matériuum, La Manivelle ou L’Atelier réparation. Ou encore ge-réutilise.ch, le répertoire cantonal de la seconde main, ouvert lui aux particuliers. Re-sources occupe une niche spécifique : le réemploi entre professionnels, à grande échelle, gratuitement.
Sources : Reloved / Re-sources SIG / Programme éco 21
