En 2025, la part de marché des voitures électriques et hybrides rechargeables a atteint les 33 %, son plus haut niveau. Mais que deviennent les batteries lorsqu’elles ne sont plus suffisamment performantes pour rouler ?
Une batterie de traction pour véhicule électrique effectue entre 1’000 et 2’000 cycles de charge au cours de sa vie. Après ce cap, elle ne meurt pas, elle perd simplement de sa capacité. C’est là que l’économie circulaire entre en jeu.
Trois grandes voies s’ouvrent alors, selon l’état de la batterie. d’abord, la réparation des composants défectueux: cellules ou modules sont remplacés pour prolonger la durée de vie dans le véhicule. Ensuite, la réutilisation: la batterie est démontée et reconditionnée pour une seconde vie dans des dispositifs de stockage d’énergie stationnaire. Enfin, le recyclage: si aucune des deux premières options n’est viable, la batterie est recyclée pour récupérer ses matières premières telles que le cobalt, le nickel ou le manganèse.
La recherche suisse referme la boucle grâce à CircuBat
En Suisse, en 2025, la part de marché des voitures électriques et hybrides rechargeables a atteint les 33 %, indique un rapport du TCS. Un programme planche sur la question de la fin de vie des batteries de ces véhicules. Lancé en 2022 avec le soutien d’Innosuisse, CircuBat réunit sept institutions de recherche et 24 entreprises suisses autour d’un objectif commun, construire une économie circulaire complète pour les batteries lithium-ion issues de la mobilité.
Le programme a exploré toutes les étapes du cycle de vie. La conception, avec de nouveaux modèles de construction de batteries intégrant dès le départ les contraintes de démontage, de réparation et de recyclage. Des solutions pour reconvertir les batteries retirées des véhicules en systèmes de stockage stationnaire. Côté recyclage, des étapes automatisées de démontage et de nouveaux procédés de récupération directe des matériaux.
Librec, le futur du recyclage
Inaugurée au printemps 2025 à Biberist, dans le canton de Soleure, Librec est la première installation suisse entièrement dédiée au recyclage industriel de batteries de voitures électriques. L’absence de normes unifiées pour les batteries ne simplifie pas la tâche, mais Librec espère atteindre sa capacité maximale d’ici trois à quatre ans, avec 9000 tonnes par an.
Le processus est rigoureux. Avant de passer au broyage, chaque batterie est évaluée : si son état le permet, elle est mise de côté pour une réutilisation stationnaire, en collaboration avec Libattion, spécialisée dans les solutions de stockage fixes. Puis vient le démontage suivi du broyage mécanique et du tri des métaux et poudres. Le taux de récupération des matières premières atteint 92 à 97% selon les sources, contre environ 70% avec les procédés classiques.
Préparer le terrain
Autre défi, la confiance des consommateurs. Selon une étude de l’Université de Saint-Gall, les acheteurs préfèrent encore les batteries neuves aux batteries de seconde vie, par manque d’information sur leurs performances réelles. La transparence sur l’état des batteries reconditionnées sera déterminante pour lever cette méfiance.
Enfin, le nombre de batteries en fin de vie reste encore limité aujourd’hui, car la vague de l’électromobilité est récente. Mais avec des centaines de milliers de véhicules électriques désormais en circulation en Suisse, cette situation va changer rapidement dans les années à venir.
Sources : Reloved / L’environnement / CircuBat / TCS
