Que se passerait-il si les entreprises d’une même zone industrielle décidaient de partager leurs déchets, leur énergie et leurs ressources plutôt que de gérer chacune les siennes dans leur coin ? À Satigny, la ZIBAY tente de répondre concrètement à cette question — en s’inspirant d’un modèle vieux de cinquante ans né au Danemark : la symbiose industrielle de Kalundborg.
La ville danoise de Kalundborg, vingt mille habitants au bord de la mer du Nord, est devenue en cinquante ans la référence mondiale de ce qu’on appelle la symbiose industrielle : une centrale électrique qui cède sa vapeur à une raffinerie voisine, qui en retour lui fournit ses eaux de refroidissement, pendant qu’une ferme piscicole récupère les eaux tièdes en aval. Chaque déchet d’une entreprise devient la matière première d’une autre. Rien ne se perd, tout se réutilise — pas par idéalisme, mais parce que c’est économiquement plus efficace.
Depuis 2015, au bord du Rhône, à Satigny, quelque chose de semblable se développe. Pas encore à l’échelle de la ville danoise, mais la zone industrielle du Bois-de-Bay (ZIBAY) est la première zone industrielle du canton à avoir adopté la démarche écoParc. Lancé en 2015, ce concept d’aménagement et de gouvernance revient à appliquer les principes du développement durable au secteur de l’industrie et de l’artisanat. En incitant à une meilleure utilisation du sol et des surfaces, par l’optimisation des infrastructures, des équipements et des ressources.
Huit entreprises, un écosystème
Sur l’écoParc du Bois-de-Bay à Satigny, huit entreprises sont engagées dans le projet, elles évoluent dans des domaines aussi variés que la construction, la mécanique automobile, le recyclage et la logistique. Ce qui les réunit n’est pas un secteur d’activité commun, mais une philosophie partagée : les déchets des uns font le bonheur des autres.
Au-delà de la mutualisation de bâtiments ou de services, en collaborant entre elles et en repensant leur modèle d’affaires, ces entreprises peuvent ainsi favoriser leur croissance. Les synergies sont multiples : production d’énergie, gestion collective des déchets, mobilité partagée ou encore circuits courts entre voisins industriels.
Un projet pédagogique unique en Suisse
Ce qui distingue la ZIBAY des autres zones industrielles engagées dans la transition, c’est sa dimension de terrain pédagogique ouvert au public, avec pour objectif de faire découvrir les pratiques et métiers de l’écologie industrielle au public scolaire et au grand public.
Concrètement, les entreprises ouvrent leurs portes aux visiteurs au cours de parcours pédagogiques. Les visites comprennent également des points nature au sein même de la zone industrielle pour comprendre les enjeux écologiques des activités de production. Trois parcours sont proposés, adaptés selon l’âge et les centres d’intérêt.
Kalundborg a mis trente ans à devenir un modèle mondial. La ZIBAY en est à ses dix premières années. Mais la trajectoire est tracée — et les portes sont ouvertes.
Visites sur inscription ici
Sources : Reloved / ZIBAYECOPARC
