Sur le site de l’ancienne usine Fiat de la rue de Lyon, 8’000 tonnes de béton issues de la démolition ont été réintégrées dans les nouvelles constructions qui devraient voir le jour d’ici fin 2026. Un exemple concret de circularité dans la construction.
Plutôt que d’évacuer les gravats issus de la démolition de l’usine italienne, la Caisse de prévoyance de l’État de Genève (CPEG), maître d’ouvrage des travaux à la rue de Lyon 106, a fait le choix de concasser l’ancien béton sur place et de le réintégrer directement dans les nouvelles constructions. Résultat: jusqu’à 8’000 tonnes de granulats recyclés ont été stockées sur site et réutilisées dans le béton des nouveaux bâtiments à construire. Plus écologique que le recours à du béton neuf, cette méthode nécessite tout de même de l’énergie tant pour le concassage que pour la création de béton à partir des granulats et reste plus énergivore que le réemploi direct d’éléments en béton.
La démolition de l’ancienne usine Fiat, s’est achevée fin 2023. Depuis, trois bâtiments y sortent de terre : deux immeubles pour un total de 156 logements subventionnés et un bâtiment destiné à accueillir des entreprises. Conçus par le bureau Favre+Guth, avec la direction des travaux assurée par Aeby + Mouthon architectes SA. Les travaux devraient arriver à leur terme d’ici la fin de l’année.
Le ciment utilisé, quant à lui, est composé de 20% de granulats mixtes d’origine locale, il intègre la fraction fine issue du traitement industriel de gravats régionaux, ce qui réduit partiellement le recours au clinker — un matériau issu d’une cuisson à environ 1450°C, faisant de lui l’un des composants les plus émetteurs de CO₂ dans la production cimentière.
Portes, poutres, dalles et charpentes de seconde main
Le béton n’est pas le seul à avoir le droit à une deuxième vie. Des portes, des parquets, des faux planchers et même un escalier escamotable ont été récupérés par Matériuum, l’association genevoise spécialisée dans le réemploi — dont les locaux se trouvent à deux pas, dans le même quartier. Des poutres et poteaux structurels ont été repris par le bureau d’architectes atba. Et le site bluefactory de l’EPFL, à Fribourg, a récupéré des dalles de béton entières pour les transformer en passerelles.
D’autres éléments n’ont même pas eu besoin de voyager. Du mobilier urbain démantelé — bancs, tables — sera réintégré dans les aménagements extérieurs. Une charpente métallique deviendra le toit d’un local à vélos. Et les halls d’entrée des nouveaux immeubles seront revêtus d’un terrazzo fabriqué à partir de marbres concassés provenant de la démolition de l’ancienne tour Firmenich, à la route des Jeunes — un autre bien de la CPEG.
Sources: Tribune de Genève / Chantiers Magazine / Reloved Media
Lien: CPEG
