L’industrie textile est une source de pollution mondiale importante. L’association RAYSEA propose des ateliers d’upcycling textile en famille, entre amis ou entre collègues pour repenser son rapport aux habits.
Après plusieurs années passées dans les ressources humaines, Tianyi traverse une période de remise en question. Cette quête de sens la mène à renouer avec quelque chose d’inattendu et de fondamental, créer avec ses mains. Transformer, réparer, imaginer autrement. De cette expérience personnelle naît RAYSEA, une association genevoise dédiée à l’upcycling textile, installée rue du Village Suisse 5. « J’étais moi-même une grande consommatrice d’habits, confie Tianyi. J’ai toujours apprécié la mode mais on ne peut pas fermer les yeux sur l’impact de cette industrie sur l’environnement. J’ai donc décidé de me lancer dans un projet pouvant sensibiliser la population à la surconsommation. »
Ralentir ne signifie pas perdre du temps
Dans une ville comme Genève, où le tempo est rapide et la productivité érigée en vertu, l’idée de ralentir peut sembler presque subversive. C’est pourtant exactement ce que propose RAYSEA. Venir à un atelier, c’est accepter de poser son téléphone, de se concentrer sur un geste, de ne pas savoir ce que ça donnera. Pendant l’atelier, on ne reçoit pas de notifications. On coud, on découpe, on assemble. On rate, on recommence. Et progressivement, un vieux t-shirt oublié au fond d’un tiroir devient une pièce unique que l’on a envie de porter, précisément parce qu’on l’a fait soi-même. « Nous faisons surtout de l’upcycling, de la personnalisation d’habit. Avec les enfants, les ateliers ressemblent davantage à des bricolages afin d’aborder les bases de la couture. De manière générale nos ateliers restent simples, la plupart des gens ne savent pas coudre, nous commençons tranquillement avec des gestes simples », précise la fondatrice de RAYSEA. Il est aussi possible de venir pour des réparations, l’association organise également des permanences avec l’épicerie gratuite pour étudiants, La Farce.
Chaque consommateur européen achète approximativement 42 vêtements par an et envoie environ 12 kg de produits textiles dans les décharges chaque année, selon Cascale, une association mondiale à but non lucratif réunissant marques et fabricants textiles. Dans ce contexte, l’acte de ne pas racheter quelque chose de neuf n’est pas anodin. Transformer ce qu’on possède, c’est court-circuiter toute une chaîne de production, de transport et d’emballage.
Des ateliers pour tous, sans condition
L’association ne s’adresse pas qu’aux amateurs de couture ou aux convaincus de la cause écologique. Elle a pensé ses ateliers pour que chacun puisse y trouver sa place, quelle que soit son expérience ou son âge.
Les enfants découvrent le plaisir de créer avec leurs mains et repartent avec quelque chose dont ils sont fiers. Les parents et enfants vivent un moment de complicité. Les adultes s’offrent une parenthèse créative, une respiration dans une semaine chargée. Les classes scolaires abordent la durabilité par la pratique plutôt que par la théorie. Et les entreprises peuvent venir pour un team building original.
RAYSEA ne prétend pas changer le monde à elle seule. Mais elle prouve, atelier après atelier, qu’on peut commencer à changer son rapport au monde avec un morceau de tissu, une aiguille, et un peu de temps.
Ateliers du lundi au vendredi, 10h–18h. Rue du Village Suisse 5, Genève. Renseignements et inscriptions : raysea.ch ou info@raysea.ch
Sources: Reloved Media / RAYSEA
