Le designer de mode Mikhail Rojkov aide à réparer et à embellir les vêtements. Son atelier Histoire sans chute est ouvert à chacune et chacun.
Comment décririez-vous Histoire sans chute ?
Mikhail Rojkov: C’est une association qui mêle mercerie, atelier et formation. On peut venir y déposer ou acheter du textile, des boutons, des fermetures éclair, etc. Mais aussi réparer ses habits en autonomie ou lors de permanences couture encadrées. Des ateliers thématiques y sont également organisés régulièrement. L’idée est de promouvoir une mode plus durable, tout en y intégrant une dimension sociale. On y apprend à coudre, et on y tisse du lien.
D’où vient cette initiative ?
L’idée a commencé à germer lors de ma dernière année de master à la Haute école d’art et de design (HEAD). Je me suis rendu compte que nous produisions énormément de chutes de tissu — d’où le nom du lieu. La production d’un vêtement génère en moyenne 15 % de chute, pour un habit souvent destiné à devenir un déchet. Je trouvais cette situation absurde, alors j’ai décidé de lancer Histoire Sans Chute.
Comment fonctionne le lieu ?
La mercerie et les machines de l’atelier sont accessibles pendant nos horaires d’ouverture : du mardi au vendredi de 13H à 18H30, et le samedi de 12H à 17H30. Les permanences couture — durant lesquelles notre équipe accompagne les participants dans leurs projets — ont lieu le mardi et le samedi. Elles sont ouvertes, sans rendez-vous, à toutes et à tous, même sans aucune expérience. La session coûte 20 francs, ou 5 francs pour les membres.
Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui pousse la porte pour la première fois ?
De ne pas craindre de venir, même sans savoir coudre, et d’être ouvert à la surprise. Certaines personnes arrivent en s’attendant à une réparation rapide et invisible, mais parfois il faut par exemple d’abord découdre pour mieux réparer, ou se contenter d’une fermeture éclair légèrement différente de celle imaginée. C’est justement ce que je trouve intéressant dans cette démarche : elle invite à repenser son rapport aux vêtements. Une réparation visible, ça fait passer un message. C’est politique, en quelque sorte.
Y a-t-il une personne qui symbolise bien l’esprit d’Histoire sans chute ?
Il y a Liliane, une retraitée présente depuis le tout début. Elle est très autonome dans ses projets et pourrait travailler chez elle. Mais elle préfère venir à l’atelier, échanger avec les autres participants, souvent bien plus jeunes qu’elle. Cet échange intergénérationnel, cette façon d’entretenir des liens et de réduire l’isolement, c’est tout aussi important pour nous que la réutilisation du textile.
Adresse: Rue de Zurich 40
Horaires: Du mardi au vendredi, 13H-18H30 / Samedi, 12H-17H30
Pour plus d’informations
contact@histoiresanschute.ch
022 314 41 81.
Source: Reloved Media / histoiresanschute.ch
