«Proposer les avantages du neuf avec de la seconde main»

vendredi 19 décembre 2025

Purple and Gold Rain défend une approche exigeante de la seconde main, comme alternative grand public à la fast fashion. ReGenève a rencontré sa fondatrice, Teresa Fini, dans sa boutique de la Vieille-Ville.

Comment décririez-vous Purple and Gold Rain?

Teresa Fini: C’est une boutique de vêtements et d’accessoires vintage unisexe à Genève, principalement vintage. Dès le départ, l’idée était d’en faire une alternative locale à la fast fashion: proposer les avantages du neuf, mais à partir de la seconde main. On y trouve à peu près les mêmes choses que chez les grandes enseignes, dans les rues basses, mais avec des pièces plus qualitatives, issues de l’économie circulaire, choisies une à une et remises en état.

Concrètement, tout est nettoyé. Absolument tout, de l’accessoire au vêtement. C’est très important pour nous, parce que l’idée est aussi de faire gagner du temps aux gens. De plus en plus de personnes ont envie de consommer autrement, de se tourner vers la seconde main, sans forcément avoir la patience d’enchaîner les boutiques.

L’enjeu est donc de toucher le public le plus large possible, en proposant une alternative qui accompagne ce changement de mode de consommation, sans renoncer à l’expérience. Souvent, des personnes qui n’ont pas l’habitude d’acheter de la seconde main entrent dans la boutique, posent des questions, découvrent. C’est exactement ce qu’on cherche.

Comment est né Purple and Gold Rain?

J’ai grandi au rythme du marché aux puces de Plainpalais. Chiner était un hobby qui ne m’a jamais quittée. J’ai pourtant suivi d’autres chemins: un bachelor en management, puis, un temps, l’idée de me tourner vers la finance. Mais la curiosité était toujours là. Où que j’aille, quand je voyageais, je fouillais les brocantes, je dénichais des pièces. Je regardais beaucoup ce qui se faisait ailleurs, surtout à New York et à Londres.

Et à chaque retour à Genève, les mêmes questions revenaient: comment tu fais pour trouver ça? Où est-ce que tu déniches ces pièces? À force, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire ici, un vrai besoin d’alternative locale à la fast fashion. D’autant que Genève, c’est la ville où j’ai grandi, ma ville de cœur. Ouvrir cette boutique, c’était une manière de lui faire un cadeau.

Pourquoi une boutique physique?

J’ai commencé par vendre en ligne, dès 2012. Mais, en organisant des événements et des pop-up stores, je me suis rendu compte que ce que j’aimais par-dessus tout, c’était le contact avec les clients: les rencontrer, échanger avec eux. Et puis, en ligne, je vendais surtout à l’international. Or ce n’était pas le but au départ. L’idée, c’était de créer quelque chose de local, à Genève, pour Genève. À l’étranger, l’offre existe déjà. C’est ici, en Suisse, qu’il y avait quelque chose à inventer.

Finalement, le Covid a été un déclic. On manquait de liens sociaux, de rencontres. Le choix du physique s’est alors imposé. Bien sûr, il y a plus de charges, mais je le vois comme une mission: apporter quelque chose de nouveau à Genève, faire exister ici les concepts que j’ai découverts à l’étranger.

Y a-t-il une pièce qui vous a particulièrement marquée?

J’aime particulièrement l’histoire des objets que je vends. Il y a une anecdote que je raconte souvent, parce qu’elle est assez symbolique: dans un sac en croco, j’ai retrouvé un ticket de l’opéra de Stockholm, daté de 1962. Il appartenait à une femme dont le mari travaillait au CERN. Ils vivaient en France voisine et, lorsqu’ils sont rentrés en Suède, ils ont vidé la maison et vendu leurs affaires. J’ai choisi de vendre le ticket avec le sac, en racontant cette histoire à la personne qui l’achetait.

Dès que j’en ai l’occasion, j’essaie de transmettre ce récit: en échangeant avec la personne qui vend, avec un brocanteur, ou simplement en racontant moi-même où et comment j’ai trouvé la pièce. C’est aussi ça, pour moi, la valeur du vintage.

Lien: schpurple.com

Source: reloved.media

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